DEMANDE À LA POUSSIÈRE

John Fante

DEMANDE-À-LA-POUSSIERE

« Je m’y suis mis tout de suite, ça venait bien. Sans cogiter, sans réflexion. Tout seul que ça venait, simplement ; ça giclait comme du sang. Enfin ça y était. J’avais pris le coup. Laissez-moi faire, c’est parti, oh boy ce que j’aime ça, Oh Dieu ce que je peux t’aimer, et toi Camilla, et toi, et vous. C’est parti et c’est bien parti, je le sens, doux, chaud, délicieux, délirant. On remonte la rivière et au delà des mers, ça c’est moi et ça c’est toi, grands mots gras, petits mots gras, grands mots fins, whee whee whee.

      Comme un dingue, à couper le souffle, oh ça va être quelque chose, oh ça va faire mal, comme ça pendant des heures j’ai tapé, et puis finalement la chair s’est mise à parler, c’est venu petit à petit me pénétrer, me hanter les os ; c’est venu me dégouliner partout, m’aveugler, m’affaiblir. Camilla ! Fallait que je me la fasse, cette Camilla !  Ni une ni deux je me suis levé. Je suis sorti de l’hôtel et j’ai dévalé Bunker Hill jusqu’au Columbia. »
Extrait sélectionné par Pascal Bucciarelli
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