LA DISPARITION

Georges Perec
LA-DISPARITION

« Suicida-t’il ? Appuya-t’il un canon sur son gozyma ? S’ouvrit-il au rasoir dans un bain chaud ? Avala-t’il un bol d’acqua-toffana ? Lança-t’il son auto dans un trou sans fond tourbillonnant jusqu’au soir du Grand Jour, jusqu’au jour du Grand Soir ? Ouvrit-il son gaz ? Fit-il hara-kiri ? S’arrosa-t’il au napalm ? Bascula-t’il du haut d’un pont dans un flot noir qui l’absorba ? Nul n’a jamais su s’il avait choisi sa fin, s’il avait connu la mort.

Mais quand, trois jours plus tard, un ami vint lui offrir son concours, il trouva la villa sans habitants. L’auto croupissait dans son hangar. Il n’y avait aucun habit manquant dans son placard. L’on n’avait pris aucun sac. Aucun sang n’avait jailli. Mais Anton Voyl avait disparu… »

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